• mercredi , 22 mai 2019

Quels sont les standards du Digital Learning ? via Élodie PRIMO, CEO MOS MindOnSite

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Les standards du digital learning

Les normes d’apprentissage en ligne évoluent constamment. C’est pourquoi nous avons voulu faire le point avec Élodie PRIMO, CEO de MOS MindOnSite, sur les standards d’aujourd’hui en matière de Digital Learning.

 

 

 

Qu’appelle-t-on « standards », et à quoi servent-ils ?

Aussi, appelés « normes e-learning », les standards du Digital Learning « visent à faire communiquer correctement des contenus avec la plateforme LMS. Qu’ils soient sous forme de cours, d’exercices et de questionnaires. La fonction du LMS est de gérer les utilisateurs et les activités de formation. Par exemple, le fait d’inscrire des personnes à un cours, de savoir qui a validé telle formation, etc. »

Pour que ces plateformes puissent « comprendre » quel apprenant a fait quoi et quand, elles doivent « communiquer » en quelque sorte avec les contenus qu’elles gèrent. D’où l’importance de contenus « normés », accessibles sur n’importe quelles plateformes. « Les normes facilitent cette communication, en proposant une technique d’échange de ces informations. C’est ce qu’on appelle l’interopérabilité. Cette interopérabilité permet à des contenus qui respectent la norme d’être lancés et suivis sur n’importe quel LMS ».

Quels sont les différents standards ?

Parmi les standards qui n’évoluent plus, nous en avons 2. Précise notre experte, Élodie PRIMO.

La norme “Aviation Industry CBT (Computer-Based Training) Committee” (AICC)

La norme AICC a été créée en 1988 par l’industrie aéronautique américaine. « Elle concerne les “Computer Managed Instructions”. Plus précisément, elle propose la remontée d’une sorte de pack d’informations minimales, comme la structure du cours ou le résultat obtenu à chaque module. »

La norme « Sharable Content Object Reference Model » (SCORM)

La norme SCORM a été créée par le programme américain Advanced Distributed Learning (ADL US). « Il a tenté de synthétiser différents systèmes passés, comme la norme AICC ou encore le concept IMS pour Information Message Service). Dans le but d’en faire un standard adapté au web ». La dernière version est SCORM 2004 4e édition. « SCORM 2004 corrige les limites de SCORM 1.2, mais au prix d’une complexité décuplée. SCORM 2004 offre un séquençage plus puissant que les prérequis de la version précédent. De plus, il a créé la notion de validation d’objectifs. »

Plus concrètement, voici des exemples d’applications réelles :

  • créer des parcours dynamiques
  • enregistrer précisément les résultats des parcours
  • mettre en place des cursus dans le cadre d’une gestion des compétences

Les normes (ou les standards) existent dans le but d’accompagner les concepteurs pédagogiques. Mais ce sont eux, ensuite, qui « définissent la manière dont l’apprenant peut enchaîner les activités. La plateforme LMS ne fait que contrôler la navigation entre les activités. »

Des standards moins connus, mais utiles…

Outre les deux principaux standards énoncés précédemment (SCORM & AICC), E. PRIMO nous énonce quelques autres normes, moins connues. Mais toutes aussi utiles.

La norme IMS QTI (Information Message Service — Question & Test Interoperability™)

L’IMS QTI est un format XML qui permet de spécifier un questionnaire de manière interopérable. C’est « une spécification du format des évaluations » d’après les termes d’Élodie PRIMO. Par la spécification, il faut comprendre ou visualiser « un modèle type pour la représentation de questions (et des réponses possibles associées) et la représentation de données (c’est-à-dire les réponses des utilisateurs) ».

La norme LETSI RTWS (Learning-Education-Training Systems Interoperability Run-time Web Services)

Tout d’abord, LETSI est une organisation assurant l’intendance de la norme SCORM créée par l’ADL. Ensuite, RTWS a été développé par LETSI afin d’atténuer certains des problèmes communs des standards traditionnels d’e-learning, et combler l’écart entre SCORM et SCORM 2.0. « Cette norme RTWS a pour objectif surtout d’améliorer la communication ».

D’un côté, RTWS fournit l’apprentissage en ligne sur les appareils mobiles, les jeux et les simulations. Et de l’autre, il fournit du contenu hors ligne, avec un système de sécurité.

« RTWS est apparu nécessaire pour dépasser les défauts inhérents à la communication SCORM classique par JavaScript ».

Apparition d’un nouveau standard de Digital Learning : xAPI

Qu’est-ce que la norme xAPI ?

Face aux enjeux de la formation dite blended, du Mobile & Social Learning et des Serious Game, la norme SCORM a atteint ses limites. En effet, selon E. PRIMO « la norme SCORM a été conçue pour supporter une approche purement Web Based Learning et ne répond pas aux nouveaux enjeux de la formation ».

C’est pourquoi, « en 2009, ADL a figé SCORM et a commencé à développer un nouveau standard nommé TinCan du nom du projet. Un nom qui a évolué vers xAPI lors de sa publication en 2013. xAPI recouvre des fonctions de suivi des contenus SCORM, mais il va plus loin en couvrant la notion d’activité ».

La traçabilité : l’objectif de xAPI ?

Avec xAPI, la traçabilité des contenus s’étend à n’importe quel type de contenu, pas seulement à des contenus e-learning. « Les traces peuvent être utilisées sur un LMS, mais également sur n’importe quel type de portail ou application (portail web, réseau social, ePortfolio, etc.) ».

D’ailleurs un nouveau référentiel est né de cet objectif de traçabilité. Le concept de Learning Record Store (LRS). Il consiste « à contenir les traces xAPI, sur lesquelles les applications vont pouvoir se connecter afin de récupérer ou envoyer des traces. Il ne gère pas directement l’authentification, il va utiliser une brique d’authentification sur la plateforme LMS ».

SCORM vs xAPI ?

PRIMO, nous explique la différence entre la norme SCORM et xAPI.

« SCORM donnait un inventaire de tout ce qui peut être tracé (complétion, temps passé, etc.) et on ne pouvait pas ajouter de type de traces. xAPI change ça, en créant une grammaire (sujet/verbe/complément) qui permet de tracer n’importe quel type d’événements. xAPI ne dit pas ce qu’on doit tracer, seulement comment, et encore pas de manière très précise. En revanche, xAPI ne couvre pas les fonctions de packaging de SCORM ».

La norme xAPI complétée par CMi5…

Pour pallier au manque de xAPI en ce qui concerne les fonctions de packaging, CMi5 a vu le jour. « C’est une adaptation de xAPI pour ajouter les fonctionnalités qui existaient dans SCORM et qui va probablement remplacer SCORM,  d’ailleurs le manifeste à intégrer (nommé cmi5.xml) est toutefois bien plus simple que celui de SCORM ».

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