• mercredi , 22 mai 2019

Après le Big Bang Pénicaud : les trous noirs

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La Ministre du travail Muriel Pénicaud avait annoncé un big bang sur la formation professionnelle. Mais dans la tête de la majorité, il s’agit d’une complexification du système, des trous noirs. Certains sont perdus, pourtant cette réforme est plutôt positive et simple.

Revenons sur les points principaux de cette réforme de la formation professionnelle.

Un compte personnel de formation (CPF) crédité en euros

Que vous soyez salarié à temps complet ou à temps partiel, votre CPF se verra accrédité de 500 € / an avec un plafond de 5000 €. Et de 800 € / an, plafonné à 8000 €, pour les personnes peu qualifiées. Un changement  déjà critiqué par certains partenaires sociaux qui y voient un risque d’inflation du prix des formations. Voire même un accroissement des inégalités.

Un choix pourtant justifié par Muriel Pénicaud, car « les euros sont beaucoup plus concrets et lisibles pour chacun ». Et ils éviteront également les différences de prix d’un organisme de formation à un autre.

Une plateforme en ligne au service des salariés

Cette plateforme opérationnelle courant 2019 permettra à n’importe quel salarié de s’inscrire à la formation de son choix. Et de la payer directement avec l’argent de son compte personnel de formation. L’avantage de cette plateforme résidera dans le fait d’avoir une vue sur les avis des participants aux formations, et le taux d’insertion dans l’emploi.

Un circuit de financement plus direct

Si aujourd’hui, la collecte des sommes destinées à la formation est réalisée par les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca). En 2021, elle se fera par les Urssaf, organismes collecteurs des cotisations sociales, qui les transféreront ensuite à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Cette dernière paiera directement les organismes de formation lorsqu’un individu utilisera son compte personnel de formation pour se former.

Certains y voient un « faux argument de moralisation du financement » car l’URSSAF collectera donc les fonds, mais ne sera pas habilitée à les dépenser. Et d’autres, « une volonté de nationalisation du système ». La CFDT parle aussi d’un potentiel risque sur les emplois, car les 20 Opca comptent près de 5 000 salariés.

Une agence pour réguler la formation

L’Etat va créer l’Agence France compétences pour réguler la formation professionnelle et l’alternance. L’État, les régions et les partenaires sociaux auront le rôle entre autres d’évaluer la qualité des formations, réguler les tarifs, établir un cahier des charges pour les certifications, etc.

Côté entreprise, même si la Ministre du travail avait parlé d’un « Big Bang »  la réforme s’appliquera progressivement en ce qui concerne les cotisations. Le coefficient s’élève à 1,68% pour celles de plus de 11 salariés et 1,23% pour celles de moins de 11 salariés. Elle souligne que plus d’un million de personnes chaque année pourront en bénéficier, soit 5 fois plus qu’actuellement.

La formation professionnelle coûte environ 25 milliards d’euros par an, financés en premier lieu par les entreprises…

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One Comment

  1. Digital Learning : Bilan 2018 pour les décideurs RH - Digital Learning Manager News
    9 novembre 2018 at 15 h 54 min Répondre

    […] Il faut le dire, cette année n’a pas été de tout repos pour la formation professionnelle avec la réforme 2018 de la formation professionnelle de la Ministre du Travail Muriel Pénicaud. […]