• mercredi , 3 juin 2020

Muriel Pénicaud : Former gratuitement plutôt que licencier… quelle (bonne ?) idée !

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Afin de minimiser les conséquences du confinement sanitaire décrété par le Gouvernement, Muriel Pénicaud, la Ministre du travail a décidé qu’il était intéressant de profiter de cette période pour inciter les salariés en chômage partiel à se former gratuitement. Plus besoin de solliciter leur CPF (Compte Personnel de Formation), les salariés peuvent bénéficier du dispositif FNE – Formations spécial COVID-19. Initialement, cette aide à la formation du Fonds National de l’Emploi permet une prise en charge par l’Etat des formations destinées aux salariés peu qualifiés et exposés à la perte de leur emploi. Elle a été étendue pour « l’occasion » aux salariés en chômage partiel.

«Former plutôt que licencier, c’est une approche qui est importante, car pour les salariés en chômage partiel, c’est un moment où il ne se passe rien alors que la plupart du temps ils n’ont pas le temps d’aller en formation.»

Salariés en chômage partiel : Comment profiter d’une formation gratuite ?

demander à se former gratuitementAvec ce dispositif de formation, 1500€ de formation sont accordés par salarié en chômage partiel. Si le montant de la formation est plus élevé alors l’entreprise doit l’instruire précisément auprès de la DIRECCTE sous 72h. Vous l’aurez compris, c’est à l’entreprise de faire la demande de subvention à l’administration, et non le salarié lui-même. En effet, une convention entre l’entreprise et la Direccte a été signée. C’est cette demande qui permet de déclencher la prise en charge à 100% de la formation par l’État.

Le salarié doit se renseigner auprès de son entreprise (et des Ressources Humaines) concernant le catalogue de formations mis en place. Ces formations éligibles au FNE-Formation renforcé doivent permettre d’obtenir un titre ou un diplôme à finalité professionnelle inscrit au répertoire national des certifications professionnelles. Ces formations peuvent aussi permettre d’obtenir une qualification reconnue dans les classifications d’une convention collective nationale de branche ou bien un certificat de qualification professionnelle. Sont aussi concernés ; les bilans de compétences et les actions de validation des acquis de l’expérience (VAE).

Le Gouvernement précise que « la formation doit permettre au salarié de développer des compétences et renforcer son employabilité, quel que soit le domaine concerné. »

Toutefois, « la durée de la formation ne doit pas excéder le nombre d’heures en activité partielle ». C’est pourquoi certaines entreprises recherchent des formats de formation plus courts que d’habitude pour pallier la problématique des salariés qui sont en chômage partiel que quelques jours par semaine.

Toute formation commencée pendant la période de chômage partiel restera prise en charge à 100% dans le cadre du dispositif FNE-Formation renforcé. Après le 11 mai, le salarié pourra terminer sa formation sur son temps de travail ou en dehors.

Si vous souhaitez plus d’informations, rendez-vous sur la FAQ du Ministère du Travail.

Se former gratuitement : la réalité du dispositif FNE – Formations spécial COVID-19

Déjà 10,8 millions de salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel à la date du 27 avril. Mais tous n’ont pas pu encore profiter de ce dispositif. Et pour les formateurs ou organismes de formation, le résultat est un peu mitigé. C’est ce qu’a déclaré dans France Soir la spécialiste de la formation, Mme Déborah Benmoussa.

En effet, ce dispositif mis en place dans l’urgence n’a apparemment pas été à la hauteur des espérances. Déborah Benmoussa a relevé :

  • la difficulté de trouver les coordonnées de l’OPCO concerné
  • des engagements OPCO / Direccte pas tenus
  • une lourdeur administrative
  • des OPCO qui demandent trop d’informations complémentaires aux formateurs/organismes de formation
  • et des délais qui s’allongent à cause des informations demandées ou quand le montant de la formation est supérieur à 1500€.

Pourtant, l’idée d’un dispositif de formation simplifié était alléchante : une convention simple, un devis et un accord écrit de l’employé. Et le tour était joué !

Alors, tous les salariés intéressés (et en chômage partiel) arriveront-ils à se former gratuitement avant le 11 mai ?

Nous ferons le point après la fin du confinement. En attendant, peut-être avez-vous un retour d’expérience à nous partager en commentaires ?

Pour aller plus loin…

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One Comment

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    11 mai 2020 at 8 h 01 min Répondre

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