30 mars 2021 - Camille de DLM NEWS

DLM NEWS a reçu sur son plateau, Marie Beauchesne, auteure du livre « La marque, c’est moi » – la communication personnelle pour celles et ceux qui n’aiment pas se mettre en avant. Au programme de cette interview : le Personal Branding. Comment parler de soi ? Comment parler de sa marque personnelle ?

Expliquez-nous, comment se met-on en avant ?

Ce n’est pas un exercice facile, je vous l’accorde. C’est d’ailleurs pour cela que le sous-titre de mon livre s’intitule « la communication personnelle pour celles et ceux qui n’aiment pas se mettre en avant ». Et je fais partie de ces personnes.

Ce n’est pas un exercice facile, pour autant, c’est un exercice que j’ai appris à faire. Alors, j’avais envie justement de partager ce parcours avec tout le monde. Aujourd’hui, je suis consultante et formatrice en communication personnelle. C’est une activité que j’exerce aussi bien en entreprise, à travers ma société de conseil qui s’appelle SensFutur, qu’auprès des particuliers. Pour eux, j’ai mis en place une méthode que j’ai fondée il y a 3 ans maintenant. Cette méthode que j’ai appelée « brand me baby » vise à apprendre aux personnes à mieux identifier leurs forces. Mais aussi à les valoriser et à prendre leur place finalement. J’apprends à communiquer sur soi au quotidien, qu’il s’agisse d’un objectif de progression de carrière, ou bien d’incarner ses idées quand on a un projet. Et ce, que ce soit au sein d’une entreprise, ou pour un projet particulier et lui donner de la force.

Présentez-nous votre parcours…

La communication, c’est mon premier métier. J’ai été formée à la communication via un master en communication. J’ai commencé ma carrière donc en tant que communicante plutôt de manière assez classique en agence de publicité, côté communication corporate, marketing digital, branding, etc. Ensuite, j’ai fait un parcours professionnel dans la mode engagée, en tant que féministe aussi. J’ai d’ailleurs été TEDx speaker sur cette thématique. Toute cette partie design a été essentielle pour moi. C’est finalement un autre aspect de la communication. La communication s’exprime avec des mots, mais aussi des images. À l’époque, je voulais changer la représentation des femmes et permettre à chacune de devenir qui elle a envie de devenir. Pour moi, la communication personnelle aujourd’hui a exactement la même ambition. La communication personnelle est une prise de pouvoir sur son histoire et permet de faire advenir qui on a envie de devenir. Le fil rouge qui m’anime c’est l’expression de soi. Au fur et à mesure de mes expériences professionnelles, ce qui m’est apparu de manière très claire ; c’est l’envie de travailler non plus pour des marques au sens de personnes morales, d’entités symboliques. Mais pour des individus, qu’ils soient des individus seuls ou au sein d’une entité.

La communication personnelle : Comment ne pas paraître narcissique ?

C’est justement l’introduction de mon livre. C’est une notion que j’entends tous les jours en formation, en entreprise ou en accompagnement individuel « j’ai peur de paraître narcissique en parlant de moi ».

Il faut prendre un peu de recul sur la communication personnelle. Ce n’est pas uniquement parler de soi, mais c’est aussi mettre de soi dans sa communication. Donc, amener sa personnalité dans le message, incarner ses idées, incarner son projet. Et ceci, c’est quelque chose qui nous manque terriblement aujourd’hui.

Le Personal Branding est presque devenu un « buzzword » au fil des dernières années. Il prend beaucoup d’ampleur, car c’est un champ d’action très varié. Mais rappelons-nous ; c’est la responsabilité de chacun de se rendre justice et prendre le pouvoir sur son histoire. Mettre de soi dans sa communication, c’est aussi un mode d’accomplissement de soi.

Le Personal Branding n’est pas qu’une question de célébrité ou même de visibilité…

Je pense que c’est surtout une question de cohérence. Quand on prend la lumière en tant que dirigeant(e), cela permet justement de valoriser ses équipes, ses projets, ses idées. Et donc, d’avoir un impact sur le monde dans lequel on vit, et sur la société a fortiori pour laquelle on travaille. C’est une logique gagnant-gagnant, dont je parle d’ailleurs dans mon livre en troisième partie.

À titre d’information pour cet ouvrage, j’ai fait une petite enquête sur les valeurs des entreprises du CAC 40. Je voulais valider une intuition : plus de 40% des entreprises du CAC 40 partagent les mêmes valeurs ; que sont généralement l’innovation, la créativité, l’éthique, l’intégrité, le RSE, etc.

Mais ce ne sont pas les valeurs qui font la différence, c’est vraiment les individus et la manière dont ils les incarnent, ou ne les incarnent pas d’ailleurs. Ce qui va poser problème ici, c’est l’écart entre la valeur affichée, les actions concrètes et les individus qui portent le projet.

C’est pour cela que, quand on parle de « marque employeur » et « d’employés ambassadeurs » c’est fondamental d’y prêter attention. Il ne faut pas chercher à le faire de manière à formater ses collaborateurs pour avoir une petite tribu d’ambassadeurs avec une charte éditoriale. Non. C’est important de passer de la vision collective à l’expression et l’appropriation individuelle.

Parler de soi, n’est pas inné chez nous les Français…

Il y a en effet des questions à se poser, mais il faut toujours alterner réflexion et mise en action.

L’un des premiers pas que je propose justement dans cette manière d’aborder sa communication personnelle, c’est de prendre le temps d’identifier ses forces, de lister ses compétences. Mais aussi son expertise, pour apporter une forme d’objectivité et justement prendre de la distance vis-à-vis de cette impression qu’on a très souvent de paraître arrogant(e).

On commence donc par poser sur papier de manière très objective tout ce qu’on a fait, tout ce qu’on sait faire, et tout ce pour quoi on est reconnu. D’ailleurs, on peut demander aussi parfois le retour des personnes qui travaillent avec nous. Cette base objective va nous permettre de communiquer de manière beaucoup plus ancrée avec davantage de confiance en ce qu’on va raconter et en son histoire.

L’autre élément sur lequel je reviens beaucoup dans ce livre, c’est de partir de ses forces, de ce qu’on aime faire, et de ce qu’on sait faire. Puis d’élargir progressivement sa zone de confort. Il ne faut pas créer une communication personnelle qui bascule un petit peu du côté du personnage. Car à l’ère des réseaux sociaux, c’est une question qu’on se pose beaucoup avec le quid de l’authenticité digitale.

Si vous souhaitez développer ce sujet avec nous, n’hésitez pas à écouter le podcast de Marie Beauchesne autour de son livre « La marque, c’est moi » disponible dans toutes les librairies.