09 février 2021 - Camille de DLM NEWS

Déléguée Générale de l’association EdtechFrance depuis décembre 2020, Anne-Charlotte Monneret nous a fait le plaisir de répondre à nos questions. En véritable influenceuse Edtech, elle sait partager sa volonté de faire avancer le monde de l’éducation, de la formation et de la technologie. On lui souhaite bon vent dans ses nouvelles fonctions, et une chose est sûre ; DLM NEWS restera à l’affût des nouvelles actualités de la Edtech !

Découvrez en exclusivité l’interview portrait d’Anne-Charlotte Monneret !

DLM NEWS : Comment devient-on DG d’EdtechFrance ?

Anne-Charlotte Monneret : Je suis devenue DG d’EdtechFrance avec un peu de chance certainement, et beaucoup d’envie ! Plus sérieusement, je pense que mon parcours m’a menée à ce poste, mais sans que cela soit quelque chose de planifié de ma part. Diplômée de Sciences Po Paris en finance et stratégie, j’avais déjà eu l’occasion de travailler avec des entrepreneurs en stage chez Bpifrance. Je commence donc ma vie professionnelle à Barcelone, au siège européen de Criteo, et je découvre alors le monde de la « Tech ». Là-bas, tout bouge très vite, tout le monde est très qualifié, il y a des équipes dans le monde entier. L’entreprise tient sur une techno bien précise, les process sont optimisés… J’étais en plein cœur d’une licorne du numérique.

école edtechCependant, j’ai vite compris que j’avais besoin de quelque chose de plus, ce que l’on nomme « le sens », de manière assez clichée. Ayant toujours beaucoup aimé l’école, à la fois comme lieu et comme vecteur de réduction des inégalités sociales, je décide de m’engager pour l’éducation en France, et de devenir enseignante. Accompagnée par l’association ESS Le Choix de l’École pendant deux ans, j’enseigne ainsi le français et le latin dans un collège REP+ du 93. Après cette expérience terrain très intense, je cherchais à réconcilier ces deux expériences, dans la Tech et l’éducation.

C’est pourquoi j’ai commencé à étudier différentes entreprises EdTech, quand l’offre de DG est sortie dans mon Linkedin. Je connaissais une personne au Board. J’ai alors tout de suite su que c’était un rôle qui remplissait tous mes critères. La prise de poste a été très intense, car on rencontre beaucoup de monde, par zoom, mais aussi en vrai. J’ai dû rencontrer près d’une centaine de personnes le premier mois. Après tout, le monde s’organise bien à distance, donc le contact et l’humain sont au rendez-vous malgré la situation liée au COVID. Et j’ai même pu avoir des rendez-vous en physique dans les Outre-Mer, à Lyon et à Marseille.

DLM NEWS : Quelle est votre définition de la Edtech ?

Anne-Charlotte Monneret : Avant la pandémie, je pense que ce terme n’était pas aussi connu. C’est la contraction de « Education » et de « Tech », mais « Education » au sens anglo-saxon du terme. C’est-à-dire l’apprentissage tout au long de la vie, de la crèche à la reconversion professionnelle.

Et c’est vraiment ça, pour moi, la « Edtech ». Ce sont des solutions, des outils, des technos qui permettent une meilleure pédagogie, une meilleure expérience pour l’apprenant et le passeur de savoir. Et ce, en rendant le fait d’apprendre et de se former plus inclusif, plus différencié et plus connecté aux enjeux du monde actuel.

DLM NEWS : Qu’est-ce qui vous motive dans la vie ?

Anne-Charlotte Monneret : Je crois très fort au pouvoir de l’éducation. A la fois pour changer des trajectoires toutes tracées, mais aussi pour améliorer la société de manière globale. Aujourd’hui, on va devoir apprendre tout au long de la vie. Quand on sait que nos enfants vont changer de métier au moins 10 fois au cours de leur vie, l’importance de la formation apparaît d’autant plus vitale. On n’apprend pas seulement qu’à l’école. C’est notre responsabilité d’apprendre à la génération d’après ; la bienveillance, l’ouverture aux autres, la curiosité intellectuelle, la conscience climatique, etc. Ce que je cherche à construire aujourd’hui avec EdTech France, je le fais aussi en gardant en tête cette notion d’héritage. Je travaille pour un monde meilleur, plus intelligible, plus humain.

DLM NEWS : Comment vous projetez-vous dans quelques années ?

Anne-Charlotte Monneret : Je serais encore dans le monde de l’éducation et de la formation, ça c’est certain. Après, c’est difficile à dire de manière précise, sans doute dans une EdTech, en France ou à l’étranger… Ou peut-être que je lancerais ma propre entreprise, on verra bien ! Je suis optimiste de nature. Et l’avenir est avant tout une histoire de rencontres, et à ce poste, ce n’est pas ça qui manque !

DLM NEWS : Influenceuse Edtech, quelles sont vos prochaines actions pour l’écosystème Edtech ?

pouvoir de l'éducationAnne-Charlotte Monneret : Il est capital que le dialogue continue à s’accentuer entre le monde du privé et le monde du public sur ces problématiques d’éducation et de formation. Et avec la pandémie, c’est ce qu’il se passe de fait.

Je pense aussi qu’il faut s’appuyer de plus en plus sur les territoires et encourager le développement des entreprises en province. Et ce, en renforçant la transformation numérique des TPE et des PME hors des grandes villes. C’est dans ce sens que va d’ailleurs le projet des Territoires Numériques Éducatifs, les campus connectés et d’autres aspects du plan de relance.

En effet, la EdTech ne concerne pas que les startups, les grandes Business Schools ou les grosses entreprises… Cela concerne toutes les structures faisant travailler des personnes ensemble. Le travail qu’il reste à faire sur cette inclusion numérique est ainsi très grand. Il faut multiplier les tiers-lieux d’expérimentations entre enfants/jeunes/enseignants et entrepreneurs, pour que les solutions de demain soient co-construites dans des espaces communs. Et surtout, viser l’international en soutenant les levées de fonds de nos pépites françaises pour qu’elles soient capables de rivaliser avec les géants américains ou asiatiques, auxquels nous n’avons rien à envier !

DLM NEWS : Un mot de la fin… ou votre Leitmotiv ?

Anne-Charlotte Monneret : Winston Churchill disait « never waste a crisis », je me retrouve dans ces mots. En effet, je pense que 2021, qu’importe le contexte, sera une année de structuration pour la edtech, de stabilisation. Il faut s’adapter, être résilient, saisir les opportunités et s’appuyer sur la communauté. EdTech France est aussi là pour ça, pour être plus fort ensemble, et continuer à améliorer l’éducation en France, qu’importe le contexte, au contraire, en s’adaptant à lui.

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